Le site d'Aimé Jean-Claude

"Le pilier de sa mère", une divinité soutenant la voute céleste, Iounmoutef (1)... En Égypte ancienne !

 
 
Déité-fils,
 
personnifiant le sentiment filial !
 
 
Suite à l'épreuve des portes...
Le défunt aurait été introduit auprès des différents djadjat, les netjerou du monde funéraire.
Chapitre 18.

Planche XII du papyrus d'Ani.

 

Nous voici bien au sein du "Livre pour Sortir au Jour"...

Et ce, face à une sorte de concept lumineux s'opposant à l'oubli, à la rupture totale, à la mort physique,...  Ainsi, le défunt ne devait-il pas chercher à voyager dans la barque du netjer Râ ainsi qu'à traverser le fameux royaume d'Osiris ? Une version nocturne de l'astre diurne en cours de régénération.

 

Nonobstant…

Il est vrai que vous aurez l'occasion de rencontrer cette dénomination de "Livre des morts".

C'est tellement erroné...

Alors, souvenons-nous du contexte de son apparition. En 1842, le grand égyptologue allemand Karl Richard Lepsius appela Todtenbuch ("Livre des morts") un papyrus qui sera bien conservé au musée égyptologique de Turin. Il aurait ainsi effectué la première des traductions. Cette mauvaise nomenclature sera ensuite conservée et aura finalement la vie "dure" ! Nonobstant, nous devons quand même noté qu'au sein de la littérature égyptologique moderne nous rencontrons bien souvent la juxtaposition des deux titres.

"Livre des Morts"...

"Livre pour Sortir au Jour"... Ce dernier correspond en fait à la totalité des textes que l'on a trouvés près des défunts. Ils auraient été visiblement attribués à son accompagnement, pour le voyage dans l’au-delà. Précisons cependant qu'il demeure moult exemplaires du "Livre pour Sortir au Jour" et qu'ils sont bien loin d'être identiques les uns aux autres. Ceci pourrait s'expliquer par le fait que les bénéficiaires choisissaient les formules qui leurs convenaient le plus et ce probablement en fonction de ce qu'il pouvait s'offrir. N'oublions pas que ces manuscrits représentaient un réel et important investissement et que cela ne devait pas être vraiment négligeable.

 

Cependant...

Serait-il possible d'y voir une toute autre explication quant à sa compréhension ?

Comme par exemple, de la magie funéraire...

Nos antiques ancêtres à savoir les habitants de Kemet, pourraient bien avoir dénommé ce manuscrit "Sortie à la lumière du jour". Ainsi, en les lisant, ne pouvons-nous pas y voir quelques allusions au fait qu'ils s’adressaient bien à des vivants ?

Une lecture qui devient alors dès plus fascinante. Nonobstant, elle pourrait tout autant vous paraître bien désordonnée, pouvant même avoir pour effet de vous désorienter, de vous décourager, de...

 

Mais finalement de cela, il ne faut pas véritablement s'en étonner :

- Il semblerait bien que nous ne possédons pas encore la clef quant à sa probable vraie lecture,

- Nous ignorons visiblement encore la démarche qui devrait y être appropriée.

- ...

 

sortir-au-jour.jpg

 

"Sortir

pendant les heures de la lumière solaire

représente

le désir suprême du mort

de s'unir

au nombre des bienheureux qui entourent le soleil"

 

Cependant ne nous méprenons pas.

Les Égyptiens antiques n'étaient pas du tout obsédés par la mort, bien au contraire.

Ils adoraient la vie. L'importance de Râ est du reste bien là pour nous le démontrer.

 

Des expressions qui furent simplement et véritablement un symbole à la vie :

sortir-au-jour-copie-1.gif

Iounmoutef
Voici la représentation d'un prêtre Iounmoutef !
Nous sommes au registre supérieur.
 
Nous pouvons y observer deux guides munis de la mèche de cheveux fixée à leur tête ainsi que la fameuse peau de félin couvrant le corps :
- Iounmoutef est bien situé au niveau du registre supérieur,
- Le prêtre Sameref quant à lui, est au niveau inférieur.
 
Tous les deux devaient visiblement personnifier le devoir du fils quant à exécuter les rites funéraires du père.
 
Quant au défunt lui-même...
Ne devait-il pas énoncer un hymne au netjer Osiris ?
 

Plan de l'article...    

 

Il pouvait être de nature anthropomorphe.

 

→ Cette main protectrice...

 

→ Netjer de la fertilité au cours de l'Ancien Empire...

 

Il personnifiait déjà l'un des piliers du ciel soutenant la voute céleste !

 

Comment peut-on alors le distinguer véritablement des autres nejterou ?

 

Ainsi son côté funéraire...

 

Et quand fut-il au Nouvel Empire ?
 

Iounmoutef fut donc avant tout un fils...

 

 

Vous aurez remarqué sur cette représentation, comme d'ailleurs tous(tes) les netjerou(t) du grand panthéon égyptien, que le netjer Iounmoutef portait lui également ce gorgerin à savoir le collier ousekh. Il marquait en quelque sorte cette grandeur, celle partagée à la fois par les divinités mais également par pharaon !

 

 

Il pouvait être de nature anthropomorphe.

Iounmoutef...

Iunmutef...

Immutef...

Immoutef...

iwn-mwt.f...

Le "Pilier de sa mère"...

 

Il était donc une sorte de symbole quant à l'enfance parfaitement exprimé du reste en cette fameuse mèche. Il portait également une sorte de pagne que nous ne pouvons pas véritablement voir et cela en raison d'une peau de panthère sacerdotale qui le recouvrait.

 

Alors souvent, comme bien d'autres déités, notre netjer devait changer de formes, de représentations si vous préférez :

- Parfois il était anthropomorphe,

- Il prenait même la forme d'un faucon,

- Souvent vêtu à la manière d'un prêtre Sem.

C'est-à-dire au moyen d'une peau de félin : celle-ci représente parfaitement la marque du sacerdoce, c'est-à-dire de l'engagement d'Iounmoutef en tant que prêtre. Augure divin bien évidemment. D'ailleurs précisons qu'au Nouvel Empire, cette peau de félin, indiquait toujours une fonction sacerdotale.

- Sans oublier bien sûr la fameuse tresse de l'enfance que vous connaissez bien : elle descend sur l'un de ses profils.

- ...

 

Cette main protectrice...

 

Dans la représentation ci-dessus...

Vous aurez certainement remarqué que notre netjer avait une main tendue vers l'avant.

Ne serait-ce point là un signe de protection ?

 

En tout cas, Iounmoutef le faisait effectivement.

En fait...

Il veillait sur les défunts et ce à la manière probablement d'un prêtre ou même d'un fils aimant, respectueux,... 

 

Ainsi...

Iounmoutef nous rappelle combien il fut important qu'un défunt soit à la fois entouré et bien évidemment, protégé.

 

Netjer de la fertilité au cours de l'Ancien Empire...

 

Il fut effectivement vénéré depuis l'Ancien Empire.

Nous sommes alors au sein du 9e nome de la Haute-Égypte : celui de Min, wn mnw, l'une des 42 divisions administratives du pays ou si vous préférez, l'un des 22 de cette Haute-Égypte.

Aussi rappelez-vous...

De cette agglomération, qui vit naître le pharaon Aÿ. La légendaire cité d’Ipou (ipw), de Khent-Menou, de Panapolis, d'Akhmîm, d'akhmîmique chez les Coptes,..., elle fut en son temps la plus importante de ce nome.

Une cité qui était comme vous savez en relation avec l’Horus l’enfant. Un élément d'intérêt et que nous serons à même de voir au cours même de cette thématique...

 

Voyez le 9e nome, il se situe juste au-dessus d'Abydos (Nome 8), en bas de la carte :

 

Source / Lien

 

Plus précisément...

Iounmoutef serait issue d'une localité dénommée Iteb (" Itb ") !

L'actuel Edfa...

Je me souviens bien de ce village ! Nonobstant, il est très paupérisé aujourd'hui pour ne pas utiliser un qualificatif bien moins délicat et ce localisé près de Sohag : en vérité nous sommes à 6 km environ, si ma mémoire est correcte.

 

sohag.jpg

Source / Lien

 

Sohag-2.jpg

Voici Sohag…

Localisée au sud d'Assiout.
Sur la rive gauche du Nil.

Source / Lien

 

Ainsi, géographiquement, nous sommes là avec deux cités jumelles à savoir :

- Sohag,

- Et la fameuse Akhmîm. Elles sont en fait séparées par l'Itéru et cela à environ 500 kilomètres au sud du Caire.

 

Il personnifiait déjà l'un des piliers du ciel soutenant la voute céleste !


Nous sommes bien au sein du cadre funéraire. 

 

N'aurait-il pas été une sorte de modèle pour les prêtres Sem ? Et ce dans le rôle du fils du pharaon. Une métaphore probable quant au fils du défunt, lié certainement aussi à cette fameuse mèche dite de l'enfance...

Bien évidemment...

Il ne fut pas le seul netjer à la porter, cette mèche, rappelons-nous les quelques jeunes déités comme Khonsou, Ihy,...

 

Ainsi...

Notre netjer devait bien participer à l'accomplissement des rites funéraires.

 

Comment peut-on alors le distinguer véritablement des autres nejterou ?

 

Nous l'avons bien entrevu, Iounmoutef, comme d'autres divinités d'ailleurs, avait :

- Une peau de félin,

- La mèche de l'enfance,

- ...

 

Alors...

Afin de le distinguer plus facilement parmi certains netjerou qui peuvent parfaitement lui ressembler, il y a le fait qu'Iounmoutef tenait dans sa main gauche une patte, celle de sa peau de léopard.

 

Nonobstant...

Il "semblerait" que les égyptologues n'expliquent pas encore véritablement quel sens cela devait bien revêtir ?

 

Cependant...

Je vous dévoilerais bientôt mon analyse, une éventuelle explication, qui devrait apporter toute la lumière !

 

Ainsi son côté funéraire...

 

Un rôle qui pourrait finalement permettre de mieux comprendre sa propre nomenclature, sa double significations en fait car il semble avoir été à la fois :

- Le fameux "pilier du ciel",

- Et également le fils du défunt. Celui même qui soutient sa mère car vous l'aurez bien compris elle était devenue veuve.

 

Et quand fut-il au Nouvel Empire ?
 

Il semblerait que notre Iounmoutef fut alors lié à Horus le jeune.

On le mentionne alors comme Hor Iunmutef.

Hor-Iun-mutef...

Ḥr.w-JWN-mw.t = f... D'ailleurs, à cet effet, souvenons-nous de la découverte de 6 étiquettes de momies et ce à Edfa. Elles permirent visiblement de conclure qu'elles étaient pratiquement les seules mentions certaines du netjer Horioumoutef dans l'onomastique égyptienne en cette ère Romaine.

 

Notre netjer débuta bien au sein de l'Ancien Empire et sembla donc avoir perduré jusqu'à une époque fortement avancée, celle dite Romaine !

 

Iounmoutef semble même être devenu un des épithètes d'Horus et, ne lit-on pas parfois qu'il devait être considéré comme un "purificateur divin".

 

Iounmoutef fut donc avant tout un fils...

 

Vous l'avez remarqué avec sa mèche sur le côté, la jeunesse lui était intrinsèque.

Jeune certes, mais prêtre avant tout : sa peau de félin portée par-dessus sa tunique ainsi que son pagne nous le montre bien !

 

Fort de ces deux caractères...

Et quoique dés plus discret au sein de cette mythologie, Iounmoutef n'en fut pas moins assez représenté dans l'onomastique égyptienne au sein de scènes représentant bien certaines tranches de vie.

 

Iounmoutef fut donc avant tout un fils.

Pieux...

Fidèle... Je subodore même qu'il était de ceux dont finalement chacun de nos anciens devaient souhaiter avoir, comme fils, bien entendu. Celui-là même qu'ils aspiraient pour la rupture inévitable, le trépas venu.

Car comme vous savez pertinemment, cela devait être bien indispensable le fait que le fils puisse honorer la dernière demeure. C'était même de l'ordre de l'essentiel quant à la survie du défunt...

 

Vous l'aurez ainsi compris...
Iounmoutef fut finalement l'allégorie d'un divin fils. Une entité idéale en somme car toujours là afin de soutenir les proches mais également le défunt.

 

Nous sommes au sein de la chapelle de Séthi I.

Iounmoutef

présente une longue liste d'offrandes

et ce au pharaon qui est assis devant une table d'offrandes.

Source / Lien

 

Source / Lien

lhp3

 

Alors...

A suivre pour de prochaines avancées et ceci quant à la connaissance de cette entité divine fort méconnue... !

J'espère que vous avez pris autant de plaisir à lire mes textes que j'en ai eu à vous les écrire !

 

Désinences... Prochainement sur le même sujet... Le netjer Iounmoutef...    

 

- "Le pillier de sa mère",

- Le deuil, temps d’obligation…

- Soutien de famille,

- Un guide pour le défunt,

- Hor-Iounmoutef et Kamoutef,

- L’annonceur royal,

- ...

 

Afin d'en connaître davantage, je vous invite à consulter :

 

     • Sources...

 

Collection "Passion de l'Egypte" Editions Atlas 2003


Erich Lessing et Pascal Vernus, "Les Dieux de l'Égypte" Imprimerie Nationale, Paris, Octobre 1998 - En Anglais, Traduction Jane M. Todd, The gods of ancient Egypt, George Braziller, Octobre 1998.

 

Dictionnaire de la Civilisation Égyptienne - Rachet Guy - Larousse

 

Ruth Schumann Antelme, Stéphane Rossini, Nétèr - Dieux d'Égypte 

 

Patai, Raphael 1990 (1978). The Hebrew Goddess : Third Enlarged Edition. Detroit, MI : Wayne State University.

 

Les Dieux de l'Egypte, l'un et le multiple.  Erik Hornung, Champs / Flammarion


Pinch, Geraldine (2004) Mythologie égyptienne : Un guide pour les dieux, déesses et les traditions de l'Egypte antique. Oxford University Press.

 

La Mythologie Égyptienne - Aude Gros de Beler - Editions Molière

 

Dieux et Déesses de l'Égypte ancienne -  Dr. Edouard Lambelet - Editions Lehnert & Landrock - 1989 - Les divinités de l'Égypte ancienne et comment les reconnaître.

 

Ziegler, Bovot, L'Egypte ancienne, Manuel de l'Ecole du Louvre, Paris, 2001. 

 

Nadine Guilhou - Janice PEYRE : La mythologie égyptienne.  

 

Et plus particulièrement :

 

L'égypte ancienne et ses dieux, J.-P. Corteggiani, 2007. - Lexikon der Ägyptologie / W. Helck, E. Otto, 1980 (art. : Iunmutef). - Iunmutef / U. Rummel, 2010.

 

"Les cultes d'Edfa à l'époque romaine", M. Chauveau M, revue d'égyptologie, ISSN 0035-1849, 1986, vol. 37, pages 31 à 43.

 

H.Te Velde, s.v "Iounmoutef" in LÄ, 212-213 E. Hornung, Tal der Konige, en page 91.

 

S. Sauneron "Les prêtres de l'ancienne égypte" réed. Paris 1998 en page38, 125-127.

 

"Exodus und Passah, ihr Zusammenhang im Alten Testament", Cathie Spieser.

 

L.A. Christophe : La salle V du temple de Sethy  Ier à Gournah, BIFAO 49, 1950.

   

 

  • Sitographie...

 

Wikipedia

 

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Netjerou, netjerout en Égypte antique !

 

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est que le génie ne sait pas qu’il est ordinaire,

 

 

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pense qu’il n’est pas génial"

John Green

 

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Vie, force et santé.

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