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Le tombeau comme point de convergence, Bâ... (n°12) en Égypte ancienne !

ankh hiero  www.aime-free.com

 

La mort "totale"


était impensable pour les Égyptiens !

 

 

Un vrai symbole de vie !


Le livre pour sortir au jour du scribe Any. British

"Le livre pour sortir au jour " du scribe Ani.

Il montre le périple de son bâ et celui de son épouse...

Vers 1270 avant Jésus Christ.

19e dynastie.

British Museum.

  ani_pl7.jpg

Planche 17 d'Ani.

  © : René Preys.

Conception graphique © : Jean-Pol Schrauwen.

 

Bâ était bien lié à la vie : mais à celle post mortem du défunt ! Tout en changeant de forme, Homme comme nétèrou, avait la capacité, grâce au bâ, de passer d'un plan vers un autre...

 

était finalement le vrai interlocuteur des vivants lorsque ceux-ci s'adressaient : 

- A leurs nétèrou,

- A leurs défunts... Il fut ainsi :

- L'énergie de communication,

- De transformation,

- Et de déplacement de chaque personne.

 

Selon Louis Zabkar, Bâ ne faisait pas partie de la personne : c'était la personne elle-même !

Peut être est-ce la raison pour laquelle il fallait embaumer afin que puisse vivre le "bâ" ! La préservation fut même une condition impérative afin que Ka, bâ, ren, l’ombre,... puissent de même survivre et n'errent pas éternellement comme des fantômes.  

La non-conservation du corps après la rupture fut donc inconcevable pour les Égyptiens ! Du moins en était-il ainsi, pour la classe des nanties ( É poque ou pharaon avait perdu un peu de son pouvoir…) : sachant quand même qu’au moins 80-90 % de la population n'avait pas accès à cette éternité ! On pouvait parler alors de baou errants, sans d'ombres, c'étaient :

- Les désincarnés,

- Les fantômes,

-…

 

 Bâ devait prendre son envol lors de cette dichotomie à savoir cette rupture fatidique, il fut dépeint comme :
- Un oiseau se posant à l’occident…

- A la tête humaine,

- Volant au-dessus de la tombe afin de rejoindre le "Ka" dans l'au-delà... Bâ se devait d'aller au ciel tandis que le corps se reposait intact dans l'hypogée, cacher dans la Douât : vous savez bien, ce monde souterrain... Nonobstant, cette dichotomie ne devait pas être pérenne puisque bâ devait retrouver le corps d’origine, ceci expliquent en partie le fait que le défunt devait être momifié, son corps toujours intact,…

 

Il y avait même certaines divinités qui fut décrites comme étant le Bâ d'un autre nétèr i.e. ainsi :

- L'oiseau Benou d’ Héliopolis fut le bâ de ,

- Et le taureau Apis était considéré comme le Bâ d'Osiris,

- …

 

Ainsi, bâ naissait-il de par "l’ouverture de la bouche" de tout Homme embaumé (!).

Alors, et seulement alors, le corps pouvait être inhumé dans son hypogée !

 

"Tu montes, 

tu descends...

tu glisses,

comme ton cœur le désire,

tu sors de ton tombeau chaque matin,

  tu y rentres chaque soir" 

 800px-Ba_and_mum.jpg

© E. A. Wallis Budge

(1857-1937)

"Je prends mon envol vers le ciel
Voici que la lumière se fait éblouissante
Voici que j'accomplis mes voyages
Je rentre, je sors, je vais, viens
Mon Ba parcourt l'au-delà
Selon ses désirs..."
   "Livre pour sortir au jour" 

 

Ce titre de "Livre des morts"...

 

Si erroné en vérité...

 

Ce "livre pour sortir au jour" correspond à la totalité des textes que l'on a rencontrés près des défunts !

 

Officiellement ils auraient été attribués à l'accompagnement du défunt dans son voyage dans l’au-delà...

 

Mais ne pourrait-on pas y voir une toute autre explication ?

 

La magie funéraire...

 

Nos antiques ancêtres, les habitants de Kemet, dénommaient ce manuscrit de "Sortie à la lumière du jour"...

 

En les lisant, ne pouvez-vous pas y voir quelques allusions au fait qu'ils s’adressaient bien à des vivants ?

 

Restituer donc leur sens :

- Allégorique,

- Et ésotérique...

 

Une lecture qui devient dès lors bien fascinante.

 

Nonobstant, elle pourrait vous paraître bien désordonnée : ayant pour effet de vous désorienter et de vous décourager...

 

Mais, il ne faut pas s'en étonner tant que :

- Nous ne possédons pas véritablement la clef de cette lecture,

- Et que l’on ignore encore la démarche qui devrait y être appropriée !

 

sortir-au-jour.jpg

 

"Sortir au jour"

 

ou

 

"Sortir pendant les heures de la lumière solaire représente le désir suprême du mort de s'unir au nombre des bienheureux qui entourent le soleil"


Expressions qui furent simplement et véritablement un symbole de la vie !


 sortir au jour

 

 

Préambule... 

Un petit rappel de ce que nous avons déjà traité sur ce sujet...

Si cela vous est nécessaire !

 

Pour en savoir davantage sur ce principe spirituel que fut le bâ, je vous convie donc à suivre les liens (en jaune) : ceux-ci correspondent à des articles édités précédemment !

 

Qu'avons nous donc découvert jusqu'à présent ?

 

Article n°1 :  pour conserver son Bâ...

 

Article n°2 :  il avait la capacité de passer d'un plan du réel à un autre !

 

Article n°3 :  il n'était pas pour autant autonome

 

Article n°4 :  à coté de l'ombre, liée à la sexualité du défunt...

 

Article n°5:   les ailes de Bâ incarnaient bien sa mobilité 

 

Article n°6à l'origine, il y avait Bâ... A la fin y eu Bâ...

 

Article n°7 :  le bâ des netjerou  évoluait selon des règles différentes...

 

 Article n° 8 : quand bâ animait les statues

 

Article n°9 :  "Ka" par rapport à "bâ" !

 

Article n°10 : embaumer afin que puisse vivre le bâ...

 

Article n°11 : libérer bâ


Neferoubenef.jpg

La sortie au jour du bâ

et

de l'ombre de Neferoubenef.

Vignette du chapitre 92.

Musée du Louvre.

Source : © Soutekh67

                                     Provenant du : site Licence Creative Commons  

 

Bâ au tombeau...

 

Derrière le culte rendu aux défunts, qui constituaient une des composantes fondamentales de la religion égyptienne, transparaît un culte rendu à Bâ ; au bâ du défunt ! 

 

Ainsi, les descendants de ce dernier avaient-ils obligation morale très étroite de se rendre régulièrement au tombeau afin de :

- Prier leur défunt,

- Lui parler,

- Le nourrir,

- Prononcer son nom,

- ... 

 

Le tombeau comme point de convergence...

 

A chacune de ses actions, ce fut à bâ que le vivant s'adressait.

 

La chapelle funéraire du tombeau, du moins lorsque le niveau social du défunt lui permettait d'en avoir une, fut le privilège de ce culte privé.

 

Certes, de par sa nature "volatile", bâ allait et venait bien librement !

 

Néanmoins, en raison de ce culte funéraire très concrètement rendu au tombeau, il importait que Bâ puisse s'unir régulièrement au corps momifié du défunt afin de bénéficier lui aussi des offrandes qui lui étaient faites par les vivants.

 

C'est là aussi que Bâ venait retrouver Ka et y puiser en quelque sorte l'énergie vitale.

 

Le chapitre 89 du "Livre pour sortir au jour" insistait donc bien sur la nécessité de placer un oiseau ba d'or sur la poitrine du défunt afin de faciliter cette rencontre et de réciter l'incantation suivante :

 

"Ô toi le transporteur (Ba),

toi l'itinérant qui es dans ta cabine (celle de la barque céleste),

sois le dieu grand,

fais que vienne à moi (le corps défunt) mon âme où qu'elle soit.

 

Si tu omets de m'amener mon âme d'où qu'elle soit,

tu trouveras l'oeil d'Horus dressé contre toi..." 

 

 

  ba

 

A suivre... 


Désinences... prochainement sur le même sujet... à savoir les Baou...

   

- Des temples funéraires pour les baou pharaoniques,

- Et pour les plus modestes ?

- ...  

 

A fin d'en connaître davantage, je vous invite à consulter :

 

 

     • Sources...

 

Initiation aux Livres des Morts égyptien, éditions Albin Michel, 1991.

 

Égypte, les mystères du sacré, Éditions du Félin, 1987.

 

Guilmot, Max, Le Message spirituel de l'Égypte ancienne, Édition du Rocher, Monaco.

 

Gaston Maspero, Études égyptiennes, Éditions Imprimerie Nationale, 1879. 

 

Preys, R., Schrauwen j.p "Le papyrus d'Ani" sur Egyptologica.be.

 

Symbolique de l’Égypte, éditions du Huitième jour.

 

Paul Barguet, Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, Paris, Éditions du Cerf, 1986.

 

Collection "Passion de l'Egypte" Editions Atlas 2003.

 

Catherine Chadefaud,  L'Écrit dans l'Égypte Ancienne, Paris, Hachette, 1993.

 

     • Sitographie…

 

Wikipédia

 

www.egyptologica.be_papyrus_ani_pa_planche10.

 

Taggé avec...

 

"Le livre pour sortir au jour" en Égypte antique


Clé de VIE

 

Apophtegmes...   

 

Un peu d'histoire dans l'Histoire...

 

"Le miroir des Ames simples

et

anéanties en Dieu"

  Marguerite Porette.

Elle écrivit ce texte en Juin 1310...

Elle en fut brûlée vivante, avec son livre ! ...

 

 

Bien moins dramatique...  

 

"Aimer en apprend plus sur son âme,

 

que la métaphysique la plus subtile ".

Madame de Stael (1766 - 1817)  

 

Cela nous paraît une évidence, mais il fallait oser le dire à l’époque !

L’âme est liée à l’amour !

S’occuper de son âme, c’est s’ouvrir à l’amour.

Mais quel amour ?

 

"L’âme est un ange déchu tombé du ciel".

Alfred de Vigny (1797 - 1863)

Cela paraît insignifiant n'est-ce pas ?
Mais quelle audace !

Celle de revenir à la conception gnostique de la pré-existence des âmes aux corps et de la chute des anges dans des corps de matière...


 

Fichier en PDF 

 

Le tombeau comme point de convergence, Bâ... (12) en Égyp Le tombeau comme point de convergence, Bâ... (12) en Égypte ancienne !  

 


 

 

aimé

 

jean-claude

 

 

ânkh oudja seneb


vsf001


n(=w), w(=w), snb(=w) 


"Qu'il soit vivant, intact et en bonne santé !"


La traduction littérale en français est quelque peu fausse, nonobstant, les voici :

 

vie, santé, force (v.s.f.)

                                                                              

 vie, force et santé.


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